15 novembre 2009

Un peu de culture !

Pour faire écho aux remarques de Nezrouge sur les spectacles vivants, j'aimerai défendre le spectacle statique, l'exposition qui permet malgré tout de ressentir, de voyager, d'apprendre ...
En ce moment, plusieurs expositions valent justement le coup d'oeil. Je vous propose un petit commentaire de certaines d'entre elles :

L'exposition sur la cité de Teoihuacan au quai Branly est une merveille. Au nord de Mexico se trouve un site extraordinaire réunissant un impressionnant complexe de pyramides et de temples, vestiges d'un civilisation disparue (100 avant J.C - 650 apres J.C).


L'exposition entoure une immense maquette de la cité qui , bien avant les Aztèques et les Incas, rayonnait sur la Mésoamérique. On découvre une religion , une culture, des rites qui se révèlent encore aujourd'hui complexes et mystérieux (les traces archéologiques ne remplacent pas l'absence de documents écrits !). le Quai Branly mise comme d'habitude sur l'interactivité et les reconstitutions pour nous faire vivre ou revivre certains aspects de cette civilisation perdue.

Le Rijksmuseum d'Amsterdam est actuellement en travaux, ce qui permet à la pinacothèque de Paris de récupérer une partie des oeuvres du XVIIe siècle pour les faire découvrir dans une exposition très médiatisée. On perçoit rapidement la richesse de cette période tant au niveau artistique qu' économique. Ce sont les peintres hollandais qui inventent ainsi le thème de la nature morte à partir des vanités.













Vanitas vanitatum, omnia vanitas (dédicace à Odette et au pays)
Deux bémols à cette exposition, tout d'abord pour un souci de rentabilité on fait rentrer un monde fou dans des salles minuscules ( ce qui donne l'impression d'être sur un quai de métro). De plus, le "produit d'appel" Vermeer- Rembrandt est mensonger dans le sens où il n'y a que 4 tableaux des deux maîtres.

Beaucoup plus exotique, le musée Guimet propose une escapade au Bhoutan. Petit pays himalayen coincé entre la Chine et l'Inde, le Bhoutan c'est un peu le Tibet qui a réussi, jamais occupé ni colonisé. Il conserve un art bouddhiste extrêmement riche et élaboré. Les peintures votives et les objets de cultes sont mis en valeur et l'ensemble est une réussite en matière de pédagogie. Le must : les objets ayant été prêtés par des monastères, le musée accueille des moines qui possèdent un autel pour leurs cérémonies au 2e étage, on peut donc se faire offrir du thé et discuter (en anglais ) avec l'un d'entre eux.Au grand palais, une exposition à la gloire de la cité du Bosphore. J'étais enthousiaste après mon séjour à Istanbul, et cruelle déception à l'arrivée. C'est une exposition extrêmement politique, pour faire plaisir au gouvernement turc on affiche des objets du musée d'histoire d'Istanbul, seulement voilà, certains viennent d'Antalya ! Faire une exposition sur un ville sans montrer de plan, en se plantant au passage sur le nom (Byzance, Constantinople, Istanbul) car Istanbul n'a jamais été la ville des sultans, ce sont les jeunes turcs qui ont rebaptisé la ville en 1930 (je rappelle que nos amis grecs l'appellent encore Constantinople) !
Pire on termine sur une boutique souvenir où l'on joue du Tarkan et on vend des loukoums, il ne manquait plus que les Kebabs (à éviter donc...).
Pour finir une fantastique exposition qui se rapproche du spectacle vivant. La cité de la musique dédie un espace gigantesque au plus grand trompettiste de l'univers Miles Davis. Un casque d'écoute fournit à l'entrée permet de se brancher à certaines bornes pour entendre le son, la voix, la démarche de Miles. Il vit réellement à travers des documents qui nous font revivre sa liaison avec Juliette Greco, sa toxicomanie, les agressions racistes de la part de la police... Mais c'est avant tout le son de Miles partout présent qui fait connaître aux non initiés les subtilités du jazz. On entre en rêvant on ressort en fredonnant... We want Miles !
Pour convaincre Nezrouge que le cinéma est aussi un spectacle vivant, je conclue sur cette vidéo de Miles improvisant la Bande originale d'Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle.


4 commentaires:

chemato a dit…

Quelle culture! Bravo!
Tu as vu toutes ces expos? Tu pourrais bosser à Télérama!

Odette Amo a dit…

Encore ! Encore ! Tu as pensé à publier ? Une plume extraordinaire, fine et pleine de verve.
Quant à moi, rien ne me semble plus proche de ces tableaux que j'adore ("les vanités"... est-ce un signe ?) que ce vers merveilleux : "Je suis belle, ô mortel, comme un rêve de pierre"...

lepaysdesreves a dit…

Impressionnante vie culturelle!
Pour nous, pauvres mortelles avec enfant(s), cela semble être un pays imaginaire.

Mister J a dit…

Pas convaincu du tout...Miles Davis, oui était un spectacle vivant. Il s'est mis là au service d'une machinerie à émotion en différé...Mais ne vois pas là une critique, simplement un ressenti. Il m'arrive de vibrer, pleurer, rire au ciné, mais toujours du mal à rentrer pleinement dedans. Toujours la sensation d'être un peu piégé par un jeu intellectuel "enregistré"... c'est très personnel...je ne sais si je suis clair. Et puis j'aime le direct, la prise de risque, comme pour un match de rugby par exemple. J'aime le direct, je ne regarde jamais le différé. J'aime que mes secondes concordent avec celles de ceux sur qui je pose le regard...je ne sais encore si je suis clair. Nullement je critique, j'ai trop peu ou pas d'argument solide, et je sais bien que là je me détache de la norme. "Vive les accros du ciné". Je n'en suis pas simplement. Et le spectacle vivant coûte en général horriblement cher -la place-

Bel article en tout cas. Branly est au programme de mes nombreuses sorties culturelles cette année. Je ferai sans doute un autre détour vers tes citations talentueuses.

Ah ! un film que je qualifirais de vivant "dogora" de Patrice Leconte, sur composition musicale d'Etienne Peruchon.
Magnifique...je trouve. Tournage de l'instantané...pour moi.