13 juin 2008

Croisement

Milmerci au Pays qui a tellement raison (de stimuler l'activité d'un blog roupillant).

Bon, faut dire qu'on est crevés et que cette année n'en finit pas mais
comme même je voudrais fêter la correction de ma dernière copie de l'année (scolaire, pas civile, grrrrr) en partageant avec vous quelque chose de très personnel.

Est-ce une anecdote ? C'est encore moins que cela.
C'est une découverte, pour ne pas dire une révélation.
J'ai été visité, oui visité.

En effet, depuis ma naissance, j'ai résolu avec plus ou moins de rapidité bon nombre d'énigmes essentielles (seul ou avec l'aide bienveillante de proches) qui me tarabiscotaient les neurones : pourquoi qu'un vélo ne tombe pas même après qu'on eut retiré les petites roues, comment qu'on fait les bébés ou encore ce qu'il y a après la mort.

Mais quelque chose demeurait totalement opaque et je n'ai jamais osé m'en ouvrir aux autres, par peur du ridicule.
Quelque chose que j'ai vu presque tous les jours de ma vie et que je n'ai jamais compris. Quelque chose de remarquablement efficace, de si visuellement mémorisable et mystérieux que je l'ai toujours interprété comme une sorte de balise ésotérique réservée à des initiés dont je n'étais pas.

En effet, autant la flèche rouge pouvait ressembler à quelque chose, autant le bidécapsuleur bleu n'avait strictement aucun sens ! Et quelle audace dans l'alliance des formes ! Mais tout cela ne voulait rien dire et c'est pour cela que j'étais autant attiré. Comme un papillon de nuit surexcité autour de la seule lampe de la terrasse, un soir d'été.

Et puis, il y a quelques semaines de ça, par hasard, après des décennies d'interrogation, j'ai enfin compris. Je n'ai vu que lui.

C était là devant moi durant toutes ces années et je ne l'avais pas vu.

Morale pseudo-intellectuello-philosophico-pompeuse à deux sous de cette histoire qui m'a quand même vachement marqué (je sais, c'est con) :

1) On cherche souvent ce que l'on a déjà et que l'on voit tout le temps.
2) La lecture en creux est bien plus importante que la lecture littérale.
3) Ce qui manque est paradoxalement plus nourrissant que ce qui est.
4) En plus, ils ont des infusions délicieuses que je n'ai pas trouvées ailleurs et en tout cas certainement pas pour le même prix.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Tes trois premiers points de conclusion sont davantage qu'une révélation, bien loin d'être anecdotiques. Une sorte d'évidence.
J'en suis ...émue.Oui,je crois que c'est ce que je ressens.
Je vais aller vérifier mes évidences.
bises

Anonyme a dit…

Après la mort...le vélo continuera de ne pas tomber.

"lui"...une histoire de fou, d'yeux et de mains aussi...

Keski, ce n'est pas le première fois que tu me touches...avec tout ce respect (mitigé) que je te dois.

Je te taquine aussi...et ose t'embrasser.

Anonyme a dit…

oh oh pour moi la révélation a eu lieu il y a 2 ou 3 ans, ce qui proportionnellement revient au même que toi étant donné ma forte fréquentation du "lieu".
Comme quoi on cherche toujours midi à quatorze heure...
une ex-bloggeuse qui aimerait poster mais qui n'y arrive toujours pas... (keskispass???)

Neige ensablée a dit…

Et moi la révélation a eu lieu cette année, à Paris, à la station porte Dorée pour être précise. J'attendais la 8, les oreilles pleine de musique, les yeux dans le vague... Puis ils se sont posés sur une des nombreuses affiches publicitaires en face de moi: et là, BAMMMM! Telle une évidence que je n'avais jamais voulu voir, comme un nez (pas forcment rouge d'ailleurs) au milieu d'une figure, je l'ai enfin perçu, ce "C"... Et moi qui croyait que ce symbole n'était qu'un simple logo sans fondement... Comme quoi, on peut encore être se faire scotcher par trois fois rien!

C'est d'ailleurs assez fou que je m'en souvienne d'une façon aussi détaillé... Ca me rappelle une étude statistique qui a été faite sur cette question "vous souvenez vous de là où vous étiez lorsque vous avez appris que Lady Di est décédée?" ou "...lorsque les tours jumelles se sont effondrées?" et une très grande majorité des gens s'en souvenaient d'une façon très précise...
Mais je crois que là je m'égare, comment puis-je comparer ces événements à ce crypto-C qui nous pendouillait devant le nez...