
Catalogue Vogue, quand même...
Ne jamais croire que c'est perdu, ne jamais croire que c'est gagné...
Second Sexe : un nouveau site très digne réalisé par des femmes pour des femmes. C'est un peu comme "Elle" mais en moins sucré et en plus épicé. A suivre.
Pourquoi notre école rechigne-t-elle depuis plus de vingt ans à donner à tous le passeport indispensable de la maîtrise du français ? Pourquoi les parents ne comprennent-ils plus rien à la grammaire et aux études de textes auxquels sont aujourd' hui soumis leurs enfants ? Pour quelle raison l'enseignement de la littérature se meurt-il, au point que la fréquentation des sections littéraires des lycées est tombée à son étiage le plus bas depuis plus d'un siècle ? Il faut restaurer l'enseignement de la langue dès l'école primaire en cessant de regarder l'effort comme l'effet d'une persécution et en adaptant les méthodes aux contenus et non les contenus aux méthodes. Il faut réintroduire le terme de 'paresse' dans le vocabulaire pédagogique, d'où il a été délogé par les très compassionnel 'ennui'. On se donnera ainsi une chance d'arracher des élèves, non stimulés par leur milieu social, à leur indolence ou leur agitation et de leur faire donner toute leur mesure intellectuelle. Il faut restituer à l'émulation la juste place qu'elle mérite dans les classes.
Chagrin d'école, dans la lignée de Comme un roman, aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur. Le livre mêle les souvenirs autobiographiques et les réflexions sur la pédagogie, sur les dysfonctionnements de l'institution scolaire, sur le rôle des parents et de la famille, sur le jeunisme dévastateur, sur le rôle de la télévision et des modes de communication modernes, sur la soif de savoir et d'apprendre qui, contrairement aux idées reçues, anime les jeunes d'aujourd'hui comme ceux d'hier. Avec sa verve coutumière, l'auteur de la saga des Malaussène nourrit son propos d'exemples cocasses ou touchants, de formules ciselées, et replace la notion d'amour, si farouchement controversée, au coeur de la relation pédagogique.







- Bonjour Julie, qu’est-ce que tu fais ce weekend ?

Etape 1: première semaine de juillet. Dépose de l'ancien toit... Beaucoup de poussière et de choses complètement inanalysables laissées là par les écureuils ("gili" en italien, même le nom chatouille...).
Etape 2: une fois l'ancien toit déposé, les murs sont agrandis de 50 cm... On ne le voit pas mais à droite, l'échafaudage protège d'une chute éventuelle de 12 mètres (grosso modo 4 étages) car la maison est implantée sur une colline à pic.
Etape 3: petite cigarette pour admirer le travail accompli. A l'arrière-plan, la plaine avec la ville de Camaiore, et au loin, la mer Méditerranée (à 7 km de distance). Plages à perte de vue (mais bien peu sont publiques).
Etape 4: livraison de la nouvelle charpente (plusieurs tonnes de bois) et chargement du tracteur. 600 mètres de chemin aléatoire dans la colline séparent le lieu de livraison du chantier de la maison.
Etape 5: acheminement du bois vers le chantier. Le tracteur est alors chargé de près de 700 kilos. Le tronçon de route que l'on voit sur la photo a été construit par nos soins il y a deux ans, en prévision de ce chantier. La pente est tellement raide que tous les autres conducteurs de tracteurs du village (tous retraités et chevronnés) ont refusé de venir sur cette route, estimant que c'était trop dangereux. Quelques mètres en aval, il y a un virage très sec où deux des roues du tracteur perdent systématiquement tout contact avec le sol. Sur à peu près 3 mètres, le tracteur "glisse" donc avec 2 roues seulement en prise sans que le conducteur puisse faire quoi que ce soit. Chaque voyage est un pari...
Etape 6: mise en place de la nouvelle charpente. Il est zouli le nouveau bois. Pour la petite histoire, il vient d'Allemagne. Les Italiens importent l'essentiel de leur bois de contruction (d'Allemagne et de France notamment).
Etape 7: une fois la charpente posée, on y visse une première couche de lattes de bois. Chaque latte fait près de 5 mètres de long. C'est chiant comme tout à manoeuvrer mais tellement beau à regarder après coup avec une bière bien fraîche dans les mains... Des découpes ont été nécessaires pour les deux conduits de cheminée.
Etape 8: après avoir fixé toutes les lattes, on ajoute par dessus des panneaux constitués de contreplaqué (2 cm d'épaisseur) et d'une couche de polystyrène isolant (7 cm d'épaisseur). Ces panneaux sont tous vissés. Ce toit gardera ainsi la chaleur en hiver (qui a tendance à monter et à s'échapper par le toit) et permettra aussi à la maison de rester fraîche en été (et Dieu sait que l'été, ça tape en Toscane ! C'était quasiment inhumain de se remettre au boulot à 14h00 après le déjeuner... On se sentait figé par la chaleur -ou par la grappa, je ne me souviens plus très bien-). Le premier mot d'italien que j'ai appris il y a 7 ans ? - "caldo" !
Etape 9: avant-dernière étape; on recouvre le tout d'une pellicule imperméable de 2 mm d'épaisseur (le Tyvek, en vert sur la photo). L'eau ne doit surtout pas entrer en contact avec le bois car celui-ci se mettrait immédiatement à pourrir. D'où l'importance d'imperméabiliser totalement la surface. Le Tyvek est en même temps micro-perforé, il ne laisse pas passer l'eau mais laisse parfaitement passer l'air, ce qui permet une ventilation régulière du bois: le toit respire. Une fois le Tyvek posé, la dernière étape peut commencer, les tuiles sont alors ordonnancées méthodiquement en commençant par la partie la plus basse du toit. Pour coller les tuiles les unes aux autres, on utilise un peu de ciment.
Etape 10: c'est quasiment fini. Toutes les tuiles ont été posées. Cette partie du boulot, bien que très spectaculaire, fut de loin la plus rapide: à peine 2 jours... Les tuiles existent en différentes variétés dont l'appellation renvoie à l'origine géographique. Ici, il s'agit du modèle portugais (bien que toutes aient été produites en Toscane). Les variétés les plus répandues en Toscane sont bien sûr la Toscana mais aussi la Portugaise et la Marseillaise. Après, c'est une question de goût et surtout de prix, ceux-ci vont du simple au quadruple.
Etape 11: 8 août 2007, 15h00. Jour de notre départ pour Paris. Les maçons célèbrent la dernière tuile posée et l'aboutissement de 5 semaines de travail. Derrière eux, le parc naturel des Alpes apuanes, écrin douillet du nouveau toit.
Etape 12: C'est la tradition ! La bouteille de champagne que nous avons bue lors du déjeuner pour célébrer l'occasion est scellée sur la dernière tuile avec du ciment. Même le bouchon y est ! La tradition veut également qu'on y plante un drapeau pour un an. Pour honorer toutes les nationalités présentes sur le chantier, on voulait aussi ajouter des drapeaux américain, français et roumain mais impossible de les trouver en ville.

Il y a ceux qui fulminent, et ceux qui font les comptes. Ceux de l’intérieur – un certain nombre de professeurs des collèges et des lycées – qui tirent à boulets rouges sur le « pédagogisme » post-soixante-huitard, accusé d’avoir ruiné l’école. Et ceux de l’extérieur – des économistes et des statisticiens, notamment – qui n’hésitent pas à prendre la défense du « mammouth ». A la veille de la rentrée des classes, les deux clans dégainent leur porte-voix : avec un documentaire au vitriol, Education nationale : un grand corps malade, lundi soir, sur Canal+ ; auquel s’oppose un essai stimulant, La Nouvelle Question scolaire, de l’économiste Eric Maurin, qui salue les bénéfices de la démocratisation scolaire entamée dans les années 70. D’un côté, on déplore la nullité des élèves et le laxisme des institutions (« Au lieu de mettre l’élève au cœur du système, on lui a léché les bottes », lâche un professeur interrogé dans le film). De l’autre, on élargit la question du niveau à celle de la destinée sociale des élèves, de leur avenir professionnel. Avec des chiffres et des conclusions plutôt optimistes : « Contrairement à une idée aujourd’hui ressassée, la qualité de l’insertion professionnelle à la sortie de l’école tend à s’améliorer de façon tendancielle depuis les générations des années 60 », écrit Eric Maurin. La « massification » de l’enseignement reprise à la fin des années 80 serait profondément vertueuse, à condition de ne plus considérer l’école comme un instrument de sélection, mais comme un outil d’émancipation pour tous.
S’appuyant sur des expériences menées dans plusieurs pays, Eric Maurin entend démontrer les bénéfices du collège unique. Exemple éclairant : selon lui, à l’adolescence, chaque année de collège supplémentaire pour un élève lui promet une augmentation d’au moins 10 % de son futur salaire. Il démonte aussi avec habileté le « mythe de la dévalorisation des diplômes ». Nous lui avons demandé de répondre à quatre problèmes majeurs qu’épingle le documentaire de Canal+. Au catastrophisme des thèses soutenues – et largement diffusées par Jean-Paul Brighelli et sa Fabrique du crétin (1) –, Eric Maurin confronte ses propres antithèses. Au lecteur d’en faire la synthèse.
Sujet n° 1 : Quelle est la vraie valeur du bac ?
Thèse : « Le bac est le paravent du désastre », assène, catégorique, un correcteur des épreuves de maths interviewé dans le film de Canal+. Ce diplôme, on le donnerait, via des consignes d’indulgence et des logiciels informatiques qui lissent toutes les notes à la hausse. Résultat : 80 % d’une classe d’âge parvient au niveau bac, et le diplôme ne signifierait plus rien. « Le niveau bac + 5 actuel vaut le niveau bac des années 60 », assure Jean-Paul Brighelli.
Antithèse : Eric Maurin : « On dit souvent qu’avec l’inflation du nombre de diplômes le bac est devenu un simple parchemin sans valeur. C’est une perception tout à fait fausse de la réalité. On fait erreur en voulant comparer les bacheliers d’aujourd’hui à ceux d’hier. Aujourd’hui, ils sont plus de 60 % d’une génération, contre 20 % il y a trente ans. L’analyse révèle que les 40 % auxquels la démocratisation du bac a offert une voie d’accès à l’enseignement supérieur ont aujourd’hui un destin bien plus confortable que celui qui aurait été le leur sans cette démocratisation. En ce sens, le bac de 1968 a servi d’expérience de laboratoire. Donné assez largement à la suite des événements du mois de mai, il a permis à une petite partie de la génération 68 d’accéder à des diplômes universitaires que, sinon, ils n’auraient pas eu. Or ces heureux élus ont également eu par la suite de meilleures carrières salariales. Il en va de même avec la réforme scolaire lancée par Jean-Pierre Chevènement. Entre 1987 et 1995, les effectifs de bacheliers sont passés de 300 000 à 500 000. Une augmentation accompagnée d’un fort développement des filières universitaires courtes. Ces évolutions se révèlent aujourd’hui avoir été de puissants facteurs d’insertion dans le monde du travail, notamment pour les enfants d’origine modeste. »
Sujet n° 2 : Faut-il sélectionner à l’entrée à l’université ?
Thèse : L’université serait au bord de l’arrêt cardiaque. C’est un fait : 160 000 étudiants en sortent chaque année sans diplôme. « Il est aberrant d’accepter dans une formation des jeunes dont on sait qu’ils vont exploser en vol », dit Brighelli dans le documentaire, consterné par ce chiffre de 50 % d’échec en première année de fac. Alors que le gouvernement Fillon n’a pas réussi à imposer le principe de sélection dans sa réforme des universités, certaines facultés trouvent des astuces, comme le filtre d’une « année zéro » (remise à niveau), uniquement franchie par les plus motivés.
Antithèse : Eric Maurin : « Le taux d’échec massif dans l’université française naît surtout d’un problème d’orientation. Sélectives et opérationnelles, les formations technologiques et professionnelles courtes (type BTS, IUT) offrent tant de débouchés qu’elles attirent de très bons bacheliers de la filière généraliste. Privant du même coup de ces formations beaucoup de lycéens issus d’un bac pro, notamment les plus faibles, contraints de se rabattre sur des filières généralistes, longues et académiques, qui ne sont pas faites pour eux. On estime, que 80 % des bacheliers « pro » tentant une expérience universitaire généraliste échouent à obtenir leur diplôme. Il faudrait d’abord augmenter l’impératif d’accueil des filières à fort rendement comme les BTS, puis développer des premiers cycles d’orientation pluridisciplinaires à l’université, moins excluants – le degré de spécialisation des premières années d’université est absurde au regard des publics qui les suivent. La France pourrait aussi institutionnaliser les classes de remises à niveau, qui ont fait leurs preuves aux Etats-Unis. Enfin, une expérimentation italienne a récemment prouvé la vertu des incitations financières sur l’investissement personnel des étudiants. On peut imaginer de moduler les aides en fonction du temps passé à obtenir les diplômes universitaires. »
Sujet n° 3 : Les enseignants sont-ils mal préparés ?
Thèse : Créés en 1989 par Lionel Jospin, les IUFM seraient souvent perçus par les enseignants comme une profonde perte de temps. « On subit cette année de formation comme le service militaire », témoigne un rescapé dans le film de Canal+. Beaucoup raillent le poids des pseudo-sciences de l’éducation qu’on y enseigne, avec leur « métalangage absurde » (où l’on dit « référent bondissant » plutôt que « ballon » ). De la théorie fumeuse, aucune pratique.
Antithèse : Eric Maurin : « Le problème vient davantage du mode de recrutement que de la formation dispensée. La France est le seul grand pays du monde développé où les enseignants qui entrent dans la carrière sont choisis pour leur excellence dans leur discipline, non pour leur sens de la pédagogie. Dans le nord de l’Europe, la carrière d’enseignant se construit comme n’importe quelle autre carrière : tout le monde peut postuler au métier et seuls les meilleurs, les plus pédagogues, persistent et progressent dans la profession. Votre sort n’est pas joué à l’issue d’un concours. Je ne veux pas dire que les professeurs français sont plus mauvais qu’en Suède ou qu’en Angleterre. Mais le mode de sélection explique en partie le malaise enseignant, véritable spécificité nationale. Il y a un décalage entre le profil exigé au concours et la réalité du métier, ce qui provoque un sentiment de désarroi, de déclassement, de détérioration des valeurs. En 2000, une enquête a montré que les trois quarts des enseignants de moins de 35 ans ne croyaient plus au collège unique, à l’“éducabilité” pour tous. La formation des maîtres, en revanche, si critiquée soit-elle, améliore le rendement pédagogique. Cela a été démontré par le chercheur Francis Kramartz et ses collègues : les jeunes professeurs des écoles ayant profité d’une formation professionnelle font davantage progresser leurs élèves que ceux qui entrent directement dans le métier à l’issue du concours. »
Sujet n° 4 : Les élèves sont-ils de plus en plus nuls ?
Thèse : Le documentaire de Canal+ le rappelle froidement : chaque année, à l’entrée en sixième, entre 15 et 20 % des élèves français savent à peine lire. Et deux tiers d’entre eux ne maîtrisent pas la règle de trois. La faute à des consignes officielles laxistes qui, à l’école, auraient remplacé la grammaire par une « observation réfléchie de la langue » et décrété que la dictée ou le calcul mental étaient des exercices rébarbatifs.
Antithèse : Eric Maurin : « Les jeunes sont plutôt moins idiots qu’autrefois. Quand on leur fait passer des tests cognitifs de type QI, ils réussissent bien mieux que leurs aînés, en France comme ailleurs. Idem avec les tests militaires dispensés lors de ce qu’on appelait avant les “trois jours” : ils montrent une amélioration générale du niveau. Contrairement aux idées reçues, l’illettrisme n’est pas en progression. Le seul registre où l’on obtient parfois des résultats négatifs, c’est l’orthographe. Les chapelles y voient une raison de se quereller sur les méthodes de lecture, entre globale et syllabique, quand bien même toutes les études montrent que les instituteurs mêlent les deux. Or on sait que la capacité à bien apprendre à lire et à écrire dépend surtout d’une bonne pratique du langage, de la syntaxe et du vocabulaire. Et cette acquisition se joue d’abord en maternelle. C’est en grande section que l’on constate les plus grandes disparités entre élèves, souvent liées à leurs origines sociales. Les 15 % qui peinent à lire en sixième ne souffrent donc pas de telle ou telle méthode d’apprentissage de la lecture, mais de difficultés antérieures, liées à la pauvreté effroyable dans laquelle grandissent aujourd’hui 15 % des tout-petits en France. »